Les députés aveyronnais Stéphane Mazars et Jean-François Rousset ont voté en faveur de la loi dite « Duplomb », définitivement adoptée le 8 juillet à l’Assemblée nationale. Un vote assumé, conforme à une ligne claire et constante : pas d’interdiction sans solution, pas de promesses hors sols faites à ceux qui vivent de la terre et nous nourrissent.
Contrairement aux caricatures simplistes véhiculées sur les réseaux, ce texte n’est ni un chèque en blanc aux pesticides ni un recul environnemental. Il est le fruit du travail parlementaire, qui l’a encadré, notamment en commission mixte paritaire.
Une seule molécule, strictement encadrée : l’acétamipride
Il ne s’agit en aucun cas d’un retour aux néonicotinoïdes interdits en 2018. Le texte autorise, pour trois ans maximums et sous suivi scientifique annuel, une seule molécule : l’acétamipride, homologuée au niveau européen, utilisée dans 25 pays sur 27 de l’Union européenne et jugée moins nocive pour les pollinisateurs que les substances interdites, selon l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Refuser ce texte, sans alternative crédible à court terme, revenait à condamner nos producteurs à une distorsion de concurrence inacceptable.
Une réponse concrète à une impasse sanitaire en Aveyron
Dans la vallée du Tarn, les producteurs de cerises font face à la mouche asiatique, contre laquelle il n’existe aujourd’hui aucune solution efficace.
Faute d’options, certains arrachent leurs vergers. Ce texte n’est pas un confort. C’est une mesure de survie pour une filière locale en détresse, dans un cadre strictement encadré.
Sortir de l’absurde sur les projets d’eau
La loi permet aussi de débloquer certains projets agricoles de stockage d’eau, aujourd’hui paralysés par des règles devenues inadaptées.
Il ne s’agit ni de « mégabassines », ni d’un chèque en blanc, mais de projets locaux, validés, raisonnés, écologiquement encadrés et utiles à l’agriculture.
Refus des postures et des procès politiciens
À ceux qui dénoncent un prétendu “vote commun avec le RN”, rappelons que les écologistes ont eux-mêmes voté une motion de censure aux côtés de l’extrême droite, il y a quelques mois.
À ceux qui pleurent l’absence de débat, rappelons que la gauche a déposé plus de 2 000 amendements dans une logique manifeste d’obstruction.
On ne peut pas à la fois empêcher l’examen d’un texte… et se plaindre de son adoption. Enfin, rappelons que le candidat EELV sur la 1re circonscription de l’Aveyron affirmait devant les agriculteurs, en 2022 comme en 2024, qu’on ne peut interdire un produit sans alternative. Il dénonce aujourd’hui un texte qui applique précisément ce principe. Une position à géométrie variable qui interroge.
Un choix de cohérence et de responsabilité
Ce texte ne sacrifie ni les pollinisateurs ni l’exigence environnementale. Il défend une agriculture de terrain, à taille humaine, souvent fragilisée, mais toujours engagée.
Face aux postures, nous faisons le choix du réel, de la responsabilité et de la science. Fidèles à notre ligne, nous le redisons : pas d’interdiction sans solution crédible !
Stéphane MAZARS et Jean-François ROUSSET,
Députés de l’Aveyron
Cet article est une tribune, rédigée par un auteur extérieur au média 12actu.com et dont le point de vue n’engage pas la rédaction.