Le Comité Pluraliste réclame la réouverture de la ligne SNCF Rodez-Sévérac-Millau

12actu.com
Lecture 4 min.
DR

Jeudi 10 juillet 2025, devant la gare de Sévérac d’Aveyron, le Comité Pluraliste a tenu une conférence de presse publique à l’occasion du marché hebdomadaire. Une cinquantaine de personnes ont répondu à l’appel, accueillies autour d’un petit déjeuner convivial. À travers cette mobilisation, les organisateurs entendaient alerter l’opinion et les pouvoirs publics sur la nécessité de rouvrir la ligne SNCF entre Rodez et Sévérac, fermée depuis sept ans.

Cette ligne ferroviaire, qui reliait autrefois deux villes importantes du département, est aujourd’hui jugée indispensable à la fois pour le transport de voyageurs et de marchandises. Le Comité Pluraliste voit en elle un élément clé d’un maillage ferroviaire cohérent dans le Massif Central, aux côtés d’autres axes structurants comme les lignes de l’Aubrac ou du Cévenol.

Un combat pour l’aménagement du territoire et l’environnement

Dans son allocution, Jacky Tello, président du Comité Pluraliste, a rappelé l’importance stratégique de cette ligne, non seulement sur le plan local, mais aussi à l’échelle régionale et nationale. Il a dénoncé les conséquences de la désindustrialisation et de la priorité donnée au transport routier, y voyant des causes directes des dérèglements climatiques.

« Nous avons conscience des faits et nous voulons préserver les jeunes générations. Et nous avons raison », a-t-il lancé devant les participants. Selon lui, le rail doit redevenir un pilier des politiques publiques de mobilité. « Le rail, c’est la vie », a-t-il insisté, en appelant à une réorientation volontariste des transports de marchandises vers les solutions les moins polluantes.

DR

Parmi les propositions avancées : l’arrêt immédiat des fermetures de lignes, la rénovation et l’électrification du réseau classique, la relance de la liaison Toulouse–Albi–Rodez–Sévérac–Saint-Chély, ainsi que l’exploration de nouveaux axes de développement comme l’hydrogène ferroviaire, notamment en lien avec les industries de Béziers et de l’aéronautique toulousain.

« Il faut balayer d’un revers de la main le faux dilemme entre pro-routier et pro-ferroviaire. Le rail n’est pas partout, mais là où il existe, il doit être favorisé. De la même façon, la route est nécessaire pour les dessertes terminales et rend service aux populations », a-t-il nuancé.

Un appel à l’engagement de l’État

Le Comité Pluraliste déplore le manque de volontarisme de la part des gouvernements successifs et interpelle directement les autorités nationales. « L’État doit respecter ses engagements et développer le service public ferroviaire, qui appartient à la Nation, en lui donnant tous les moyens financiers, humains et matériels », a déclaré Jacky Tello, soulignant que l’avenir du réseau dépend autant des arbitrages politiques que des moyens alloués.

Il a également défendu la nécessité de préserver l’ensemble des plateformes ferroviaires pour un usage exclusivement ferroviaire, estimant qu’y renoncer reviendrait à « accélérer les dérèglements climatiques » et à faire preuve « d’un intérêt égoïste ».

Le Comité Pluraliste se dit prêt à travailler avec les collectivités territoriales, les organisations syndicales et la société civile pour organiser une votation citoyenne sur ses propositions. Il affirme également son soutien à la Région Occitanie et à sa présidente Carole Delga dans leur engagement pour la défense du réseau ferré régional.

Le prochain grand rendez-vous militant est fixé au samedi 19 juillet, à Marvejols, où le Comité fêtera ses 30 ans de luttes et de victoires, avec la volonté réaffirmée de faire de la réouverture de la ligne Rodez-Sévérac un symbole fort d’aménagement durable du territoire.