Phytosanitaires : l’Aveyron parmi les départements les moins impactés

Philippe Ollivier
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© Millavois.com

La carte de France des départements les plus concernés par les intrants chimiques potentiellement dangereux montre que l’Aveyron, la Lozère, le Cantal et la Haute-Loire sont l’exemple d’une agriculture plus saine et responsable.

C’est l’association Générations Futures qui a dressé cette carte sur son site. L’initiative n’est pas vraiment nouvelle, mais l’association va maintenant plus loin en permettant aux consommateurs que nous sommes de visualiser très précisément, par le biais des codes postaux, à quel niveau notre environnement immédiat est concerné par ces produits. Le glyphosate vient régulièrement en tête de liste. Responsable de la baisse de la biodiversité dans les champs, des études scientifiques indépendantes ont également démontré qu’il est à l’origine de différentes pathologies, notamment des cancers, mais les études réglementaires ne valident pas ces conclusions. 

Peu de glyphosate en sud Aveyron…

Pour dresser ses cartes, Générations Futures a utilisé les données publiques de la Banque Nationale des Ventes distributeurs (BNV-d). Un travail énorme sur des milliers de documents.

Les résultats 2024 pour les codes postaux 12100 (La Roque-Sainte-Marguerite, Saint-Georges-de-Luzençon, Creissels, Millau, Comprégnac), font apparaître des achats de 511 kg de produits phytosanitaires, dont 41 kg de glyphosate. Sur le code postal 12520 (Verrière, Paulhe, Aguessac, Compeyre) le total se monte à 985 kg, dont 196 kg d’huile de vaseline et 178 kg de glyphosate. Résultat significatif, car l’huile de vaseline est un herbicide lui aussi, mais une alternative beaucoup moins impactante sur l’environnement. Sur La Cavalerie, Lapanouse-de-Cernon, Nant, Sauclières, Sainte-Eulalie-de-Cernon, La Couvertoirade, L’Hospitalet-du-Larzac, Saint-Jean-du-Bruel (code postal 12230) on trouve 1153 kg de produits phytosanitaires dont 289 kg de glyphosate et 264 de Pendiméthaline, herbicide classé cancérigène possible.

Les raisons de ces résultats rassurants sont multiples: nature des cultures, taille des exploitations, présence marquée de l’élevage et, sans doute, une sensibilité déjà ancienne des producteurs au bio et à l’agriculture raisonnée qui se traduit par un achat, pour tout l’Aveyron, de 75 tonnes de produits phytosanitaires qui nous classe 84e sur 102 départements, la Lozère finit deuxième sur le podium avec 6,6 T au côté de…la Seine Saint-Denis.

… mais l’Occitanie peut mieux faire

Chez nos voisins gardois et surtout héraultais, le paysage est tout autre en raison d’une viticulture hégémonique sur les deux départements. Ainsi l’Hérault a acheté 1536 tonnes de produits phytosanitaires. Ces produits sont essentiellement dérivés du soufre  sous toutes ses formes utilisé dans le traitement des vignes depuis deux siècles. Le Tarn, le Gers comme le Lot-et-Garonne sont eux aussi pénalisés par l’utilisation importante du soufre, mais beaucoup moins que la Gironde, premier département français des consommateurs de produits phytosanitaires.

Tous les résultats sur https://www.generations-futures.fr/

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