La Société d’Études Millavoises a réalisé ce portrait de Josette Frigiotti (1924-2016), figure littéraire et résistante originaire de Millau. Elle retrace son parcours, entre engagement, poésie et fidélité à sa terre natale.
Josette Frigiotti née Bouloc, vit le jour à Millau, Aveyron, en 1924 et décède en 2016. Découvrons ou redécouvrons cette femme sous la plume de Marcel Chinonis qui l’avait rencontrée pendant la rédaction de son « Anthologie de la littérature et de la poétique en Millavois ».
« Malgré son déracinement en région parisienne, pour raisons professionnelles, son cœur est toujours resté fidèle à Millau, ville de sa naissance, de sa jeunesse, de ses amours. Une véritable fille des Causses qu’elle a parcourus en tous sens. C’est le don de l’âme même de ce pays qui est le nôtre qu’elle fait partager à tous par l’expression de son art. Elle a consacré plus de quarante ans de sa vie à l’écriture, auteur d’une vingtaine d’ouvrages, de la poésie à l’essai en passant par le théâtre et a collaboré à de nombreuses revues poétiques ou littéraires ».
Charles Sancet, pour ses recherches lors de l’écriture de son livre « Les femmes des P.T.T. et la Seconde Guerre mondiale », l’avait rencontrée en 2010, à Montrouge (92) où elle résidait. Il nous livre ici, quelques éléments biographiques.
Josette Bouloc, par sa famille, fut dès le début de la guerre, plongée dans la Résistance à l’occupant nazi et à la collaboration. Début 1943, elle entre aux P.T.T. à 18 ans comme auxiliaire au télégraphe. Elle devient rapidement agent de liaison, transmet et reçoit clandestinement les messages avec les réseaux de Résistance de Rodez et Montpellier.
En 1948, elle quitte Millau pour Paris, nommée agent d’exploitation. Au début des années 60, elle démissionne des P.T.T. pour se consacrer à sa passion, l’écriture. Elle publie d’abord deux récits autobiographiques sur la Résistance, puis de nombreuses autres œuvres, des essais, des poèmes ainsi que deux pièces de théâtre. Sociétaire de la Société des Gens de Lettres, ses œuvres littéraires ont été saluées par d’éminents écrivains, Armand Lanoux, Emmanuel Roblès, Andrée Chédid, Claude Roy…
Elle a obtenu, en 1990, une part du « Mandat des poètes » constitué de dons de l’Académie française, de l’Académie Mallarmé, de la Société des gens de lettres et de Poètes-écrivains éminents.
CREDO (extrait)
Je sens gronder en moi cette force de vie
Sans laquelle tout homme est un pantin falot.
Que l’heure m’attribue une joie, un sanglot,
Mon cœur magicien recrée une harmonie.