Le 29 juin dernier, les courts du Parc des Sports vibraient sous un soleil d’été millavois, en pleine effervescence de l’Open de la Ville. Ce jour-là, les joueuses de l’équipe 1 féminine du Stade Olympique Millavois ont décroché une victoire historique : le titre de championnes régionales. Un moment fort pour le club, pour la ville, et pour toute une génération de sportives locaux.
Parmi elles, une joueuse incarne cette belle réussite : Elsa Bakusz. Ni star, ni porte-drapeau, mais une figure centrale, à la fois constante, discrète et engagée. Une joueuse qui, depuis plus de dix ans, a construit son parcours dans la durée, et dont l’attachement au club dépasse largement les lignes du terrain.
Elsa a commencé le tennis au SOM à l’âge de 8 ans. À une époque où beaucoup d’enfants essaient différents sports avant de choisir, elle a trouvé ici un terrain d’expression, un rythme, un équilibre. Dès ses premières années, elle se passionne pour le jeu, progresse tranquillement, découvre la compétition, et gravit patiemment les échelons. Saison après saison, elle construit un parcours régulier, sans faire de bruit : classement 30/5, puis 30/3, puis 30, 15/3, 15/2… jusqu’à atteindre le classement 15/1 en 2022. Ce niveau, elle le confirme encore aujourd’hui, sans relâche, grâce à un travail régulier et une vraie passion du sport. Sa meilleure performance reste une victoire contre une joueuse classée 5/6, une belle ligne à son actif.

Car pour Elsa, l’important n’a jamais été d’être la meilleure. Ce qui la motive, c’est de progresser, d’être utile à son équipe, et de vivre des moments forts avec celles et ceux qui partagent la même passion. Dès ses premières années en compétition, elle comprend que le tennis peut aussi se jouer à plusieurs. En 2018, elle atteint la finale régionale 13/14 ans avec son amie Maya. Quelques années plus tard, elle passe en équipe adulte, avec un plaisir renouvelé : les rencontres sont plus longues, plus tactiques, mais aussi plus intenses humainement. Cette saison, elle n’a raté aucune rencontre de l’équipe 1. Elle a assuré son rôle avec sérieux, sans excès d’intensité, mais toujours avec fiabilité. En double comme en simple, elle a su apporter cette régularité qui fait tant de bien à une équipe.

Mais ce que beaucoup ignorent, c’est qu’au-delà des matchs officiels, Elsa s’engage depuis deux ans auprès des plus jeunes. Diplômée en tant qu’initiatrice, elle entraîne chaque semaine un petit groupe de filles : Romy, Clara, Manon, Romane, Marceline, Emy. Pour elles, elle n’est pas seulement « l’entraîneuse » : elle est un modèle, une grande sœur, une présence rassurante. Elle leur apprend les bases du jeu, mais aussi à croire en elles, à gérer les émotions d’un match, à prendre du plaisir même en cas de défaite. Elle les suit en tournoi et les conseille sur le bord du terrain. Ce lien intergénérationnel, peu visible de l’extérieur est pourtant un des moteurs essentiels de la vie du club.

Une figure active du SOM
Car Elsa n’est pas seulement une compétitrice ou une initiatrice : c’est une figure active du SOM. Elle participe aux animations, donne un coup de main pendant les tournois, s’implique dans les événements festifs, et répond toujours présente quand il faut aider. On la voit souvent à l’accueil d’un tournoi jeune, sur les courts pour taper quelques balles avec les plus petits, ou dans les gradins à encourager les copains. Elle ne cherche pas la reconnaissance, mais elle est partout, et son engagement est aujourd’hui salué par tous, des dirigeants aux bénévoles.
Son rapport au sport est sain, équilibré. Étudiante, elle organise son emploi du temps entre ses cours, ses entraînements, et ses heures d’encadrement. Elle ne cherche pas à faire carrière dans le tennis, mais elle y trouve un espace de liberté, d’épanouissement, de partage. Une forme d’équilibre personnel. Elle prend autant de plaisir à jouer un simple accroché qu’à échanger quelques balles avec une débutante de 8 ans. Elle sait que le sport, surtout dans un club comme le SOM, ne se résume pas à la performance. Il est aussi, et peut-être avant tout, une aventure humaine.

C’est ce que prouve la victoire de cette saison. L’équipe 1 féminine n’est pas la plus impressionnante sur le papier. Mais elle est soudée, formée en grande partie au club, et portée par une belle dynamique collective. Et cela fait toute la différence. Le titre régional est donc aussi une victoire du long terme, du lien tissé année après année, de la fidélité aux couleurs du club. Une réussite qui montre qu’à Millau, il est possible de progresser, de s’amuser, de gagner, sans jamais perdre de vue l’essentiel.
Et surtout, cette victoire féminine vient rappeler que le tennis est un sport accessible à toutes et à tous. Trop souvent perçu comme un sport individuel ou élitiste, il s’ouvre ici à toutes les envies : celles de jouer pour le plaisir, de se retrouver entre copines, de progresser tranquillement, ou de se dépasser en match. Au SOM, les filles ont leur place. Elles ne sont pas seulement « intégrées » : elles font vivre le club. Elles animent, forment, accompagnent, brillent en équipe, rient dans les vestiaires, se soutiennent dans les moments de doute. Il suffit de les voir en compétition ou lors d’un goûter d’après-match pour comprendre que l’ambiance est bien là. Chaleureuse, dynamique, bienveillante.

Et les garçons ?
Ils ne sont pas en reste. Eux aussi s’éclatent, s’entraînent dur, disputent des rencontres serrées, et partagent le même goût du jeu. Eux aussi encadrent les plus jeunes à l’instar de Paul Debouté-Liess, participent aux événements du club, montent les filets pour les petits, ou s’essaient au baby-tennis quand on leur demande un coup de main. Les équipes masculines, jeunes et adultes, continuent elles aussi de briller, mais surtout de créer du lien. Le tennis à Millau, ce n’est pas une affaire de genre. C’est une affaire de passion partagée.
Alors pour celles et ceux qui hésitent à se lancer, qu’ils soient enfants, ados ou adultes, ce que montre Elsa, c’est que tout le monde a sa place. Pas besoin d’être classé, pas besoin d’avoir commencé à 4 ans. Il suffit d’un peu de curiosité, de chaussures propres et de l’envie de taper la balle. Et surtout, de l’envie de rejoindre une ambiance où l’on rit autant qu’on joue, où l’on apprend à perdre avec le sourire, et où l’on gagne en équipe.
Car au SOM, on ne fait pas que jouer au tennis. On grandit, on s’encourage, on se retrouve, on construit. Et dans ce cadre-là, Elsa Bakusz incarne à merveille ce que le sport associatif a de plus précieux : la simplicité, la transmission, et le plaisir d’être ensemble.



