À l’approche de la mi-août, Saint-Rome-de-Tarn vit pleinement sa saison estivale. Les vacanciers sont nombreux, les rives du Tarn accueillent baigneurs et adeptes du bronzage. Pourtant, du côté du ruisseau du Lévejac, le tableau est moins idyllique : seul un mince filet d’eau s’écoule depuis le pont de la Maison médicale jusqu’à la cascade du Moulin.
Si la sécheresse totale n’est pas encore là, le débit enregistré au pont de Taurin, au lieu-dit Les Douze, s’approche de son minimum : 0,005 m³/s, contre une moyenne habituelle de 0,07 m³/s et un maximum relevé à 0,38 m³/s.
Le ruisseau du Lévejac prend sa source près du dolmen de Tiergues et parcourt environ 8 km, principalement en souterrain, avant de « sortir de terre » en amont de Saint-Rome-de-Tarn, au lieu-dit Les Douze (altitude 463 m). L’eau y est captée pour alimenter le château d’eau de la RN 993 et donc le village. Le ruisseau visible correspond uniquement à l’excédent.
Après avoir irrigué la plaine de Saint-Ferréols, il forme une première cascade à Sus-Bals. En traversant le village, il a longtemps joué un rôle défensif en alimentant les douves de la muraille fortifiée, tout en servant de réserve d’eau contre les incendies. En aval du moulin de l’Enne, il offre une nouvelle cascade, puis irrigue les jardins du plateau des Hortes, du Rustique et de la Mélane. Enfin, il se jette dans le Tarn (altitude 326 m, dénivelé 137 m) par la spectaculaire cascade des Baumes, haute de dix-huit mètres.

Côté météo, le constat est préoccupant. Selon Jean-Louis Nicouleau, référent local surnommé « Monsieur Météo », le déficit pluviométrique est une nouvelle fois important. Du 1er janvier au 30 juillet, on relève 456,8 mm de pluie en 2025, contre 635,1 mm à la même période en 2023. Des précipitations insuffisantes, aggravées par la hausse des températures, qui entraînent inexorablement des épisodes de sécheresse et imposent l’adoption de gestes écoresponsables pour préserver la ressource en eau.
Parmi eux, le paillage des cultures, particulièrement recommandé aux jardiniers : il limite les besoins en arrosage, réduit le désherbage, favorise la biodiversité en offrant un abri aux insectes et améliore la croissance des plantes.
