Samedi 30 août 2025, le Club Cévenol tiendra son 125e congrès à Nant, renouant ainsi avec ses racines caussenardes.
Fondée en 1894, cette très vieille association doit son origine aux explorations d’Édouard-Alfred Martel, considéré comme le père de la spéléologie moderne. Aux côtés de Louis Armand et Armand Viré, il découvrit en 1897 l’Aven Armand, la grotte de Dargilan et la rivière souterraine de l’Abîme de Bramabiau. C’est de ces expéditions dans les abîmes du Méjean qu’est née, dans l’esprit de Paul Arnal, l’idée du Club Cévenol.
Des pionniers au service des Causses et des Cévennes
Dès 1900, Henri Bolland, directeur du Touring Club de France, en devint président et assura la première grande vulgarisation touristique des Gorges du Tarn et des Causses, avec la publication du premier guide sur les Cévennes. Par la suite, des figures comme Georges Fabre (artisan du reboisement du massif de l’Aigoual), Jules Artières, Louis Balsan ou encore Paul Finiel ont poursuivi cette mission de valorisation d’un territoire alors menacé par la désertification.
En 1929, le Guide Michelin « Gorges du Tarn, Causses et Mont Aigoual » consacra cet héritage en classant la région comme sixième destination touristique de France, après la Bretagne, les Alpes, les Pyrénées et l’Auvergne.
Eau, agriculture et climat : des enjeux toujours d’actualité
Fidèle à sa vocation, le Club Cévenol continue aujourd’hui de s’intéresser aux grands défis du territoire. Après son congrès du Caylar, il a récemment publié trois numéros consacrés à la gestion de l’eau dans les Cévennes, à la Société civile des Terres du Larzac et au Parc naturel régional des Grands Causses (PNRGC), qui a fêté ses 30 ans d’existence.

Le congrès de Nant sera accueilli par Richard Fiol, maire de la commune et président du PNRGC. L’occasion de mettre en avant des enjeux essentiels : la ressource en eau et sa protection, l’avenir de l’agriculture et la lutte contre le changement climatique.
Le numéro spécial Causses et Cévennes n°464, consacré à Nant et au congrès, présente notamment de superbes photos sous-marines de la résurgence du Durzon. Cette eau, qui irrigue les jardins de Nant depuis l’époque bénédictine, illustre le paradoxe des Causses désertiques comme le Larzac, qui restituent pourtant depuis des siècles cette richesse aux vallées. Une ressource précieuse qu’il est plus que jamais urgent de préserver.
