Un Observatoire des prairies du Massif central a été lancé cette année par l’INRAE et les Conservatoires botaniques nationaux. Pendant dix ans, la diversité floristique, la qualité et la quantité de fourrage produit y seront étudiées. Face au changement climatique, cet observatoire doit renforcer les connaissances scientifiques et fournir des outils d’aide à la gestion.
Le Parc naturel régional de l’Aubrac participe à ce suivi, avec une attention particulière portée aux prairies à narcisses des poètes, grâce à l’implication d’une dizaine d’éleveurs volontaires. Vendredi 29 août, les résultats de la première saison d’observation ont été présentés aux éleveurs et aux partenaires du projet.
Les éleveurs témoignent
« Chez moi, nous sommes passés de 500 à 700 kg de fleurs récoltées il y a dix ans, à seulement 150 kg ces dernières années », témoigne C. Vialard, éleveur à Nasbinals. « Et pourtant, je n’ai rien changé dans mes pratiques ! » s’interroge-t-il.
« Sur mes prairies, je ne constate pas une telle baisse, mais ce suivi me permet d’avoir un regard plus précis sur la composition botanique de mes prairies à narcisses. C’est essentiel pour mieux les préserver », explique un autre éleveur à La Trinitat. « Je trouve ce travail intéressant pour réfléchir à mes pratiques et les adapter pour conserver les narcisses », ajoute un troisième participant.

« Ces prairies constituent aussi un atout fort pour le paysage et l’attractivité du territoire », complète enfin G. Diaz, accompagnateur en montagne.
Ce printemps, 10 parcelles chez 9 éleveurs ont été suivies : comptage des fleurs et des pieds, analyse de la qualité et de la quantité du foin, inventaires botaniques. Ce travail a été mené par Chloé Sillon, étudiante en Master 2 à l’université Grenoble et stagiaire au Parc.

Les résultats sont encourageants : les prairies observées sont en bon état de conservation. La stagiaire a compté en moyenne 45 fleurs au mètre carré, avec des pics à 80 fleurs. Jusqu’à 58 espèces différentes ont été recensées sur seulement 25 m² !
L’analyse des résultats, croisée avec les pratiques agricoles (fertilisation, fauche), permet déjà de dégager des pistes de gestion. L’étude confirme l’importance de la mosaïque de prairies : certaines, plus productives et fertilisées, assurent le rendement ; d’autres, plus diversifiées mais moins productives, offrent une meilleure résistance aux aléas climatiques. Les prairies à narcisses se trouvent dans cette seconde catégorie.
Un apport modéré de fumier à l’automne leur est bénéfique, mais des fertilisations trop importantes au printemps ou des passages répétés d’engins agricoles peuvent leur être néfastes.
