Face à la crise sanitaire qui frappe actuellement l’élevage bovin français, les syndicats FDSEA et Jeunes Agriculteurs (JA) de l’Aveyron tirent la sonnette d’alarme. Dans un communiqué commun au ton particulièrement ferme, ils expriment la détresse et la colère d’une profession une nouvelle fois touchée de plein fouet.
« L’angoisse et le dégoût ! », écrivent-ils d’emblée, évoquant « la double peine pour l’élevage bovin français ». Depuis l’apparition de la dermatose nodulaire, rappellent les syndicats, « les réseaux FDSEA et JA ont pris leurs responsabilités pour suivre un protocole établi par des scientifiques, mis en place par l’État avec un objectif : celui d’éradiquer au plus vite la maladie ».
Mais la décision du gouvernement, annoncée vendredi par la ministre de l’Agriculture, de bloquer les frontières au commerce des bovins, a provoqué un véritable choc dans le monde agricole. « Hier, comme un coup de poignard, Mme la ministre annonce le blocage des frontières pour le commerce des bovins sur notre territoire. Le premier sentiment partagé par chaque éleveur est l’angoisse. Celle de voir son troupeau malade, de devoir abattre ses animaux. Cette angoisse de la maladie qui prend aux tripes, au cœur », dénoncent-ils.
À cette peur s’ajoute un sentiment d’injustice : « Puis vient le dégoût. Dégoût pour les sacrifices des éleveurs des Savoies qui vivent l’enfer depuis des mois, pour le travail de vaccination fait par tous dans des conditions pas acceptables, de l’irresponsabilité de quelques-uns, de l’incapacité de l’État à faire appliquer ses propres règles et enfin dégoût de voir le marché de la viande, qui se relevait ces derniers mois, vaciller à nouveau. »
Peu à peu, « le dégoût a fait place à la colère ! Immense et froide. »
Les deux organisations syndicales exigent désormais que « l’État prenne ses responsabilités face à cette crise sanitaire, humaine et maintenant économique, pour que l’élevage bovin français se relève rapidement de cette nouvelle catastrophe ».
Elles formulent trois demandes précises :
- « Des moyens publics pour que les protocoles établis soient respectés. »
Les syndicats dénoncent « l’absence de contrôle réel » et jugent « inadmissible » que des animaux aient pu « sortir de la zone réglementée ». - « Des sanctions exemplaires » contre ceux qui ne respectent pas les protocoles.
- « La mise en place d’une compensation financière » pour les pertes liées à la conservation prolongée des animaux.
Malgré la lassitude, les éleveurs aveyronnais assurent qu’ils continueront leur travail : « Vous nous croiserez sur les routes, nous allons prendre soin de nos animaux, mais au fond de nous, nous avons encore une fois l’impression d’être la quantité négligeable de l’État. »
Et de conclure, amers : « Pourquoi avoir une ministre de l’Agriculture si elle détruit cette même agriculture ? Nous ne sommes pas responsables de l’incapacité gouvernementale à tenir une position politique. Nous ne sommes pas responsables de l’arrivée de la DNC en Europe ! Et pourtant, aujourd’hui, nous sommes les seuls à être condamnés à une peine. »
