Mercredi 12 novembre, le Refuge Mutualiste aveyronnais a invité la presse pour alerter sur les conséquences du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS 2026) et sur le financement de la branche maladie, qui concerne directement les mutuelles et leurs adhérents.
Issu des mouvements de solidarité ouvriers, depuis 1952, le Refuge Mutualiste est resté fidèle aux valeurs de solidarité et de proximité face à la maladie et aux accidents de la vie de ses adhérents. La complémentaire santé millavoise à but non lucratif, « ne pouvait rester insensible au débat sur le budget de la sécurité sociale (PLFSS 2026) discuté à l’Assemblée nationale, et plus particulièrement sur le financement de la branche maladie qui la concerne directement ». La lecture du projet de budget du gouvernement et l’évolution des débats font vivement réagir les mutualistes aveyronnais.
« Avec ce budget prévisionnel, on est dans l’accélération du démontage du système de santé français entamé avec constance depuis plus d’une décennie, c’est le pire budget qu’on ait eu depuis 50 ans ! », alerte Jean-Marie Boissière, président de la mutuelle, aux côté du directeur Mathieu Vidal et de Rolland Graciannette, administrateur. Selon lui, « les 1,6 % de prévision d’augmentation des dépenses de santé pour 2026 ne tiennent ni compte de l’inflation, ni du vieillissement de la population, ni des besoins en santé. 1,6 %, ça représente une économie sur les dépenses de santé de plus de 7 milliards ».
« On a oublié que le système de santé avait pour vocation de soigner les malades et de garantir un accès équitable aux soins. On a oublié ce pacte social qui unissait toute la nation, souligne les administrateurs du Refuge. La seule préoccupation des gouvernants qui se succèdent est de réduire le déficit de la Sécu. Pour eux, le succès d’un système de santé ne se mesure pas à sa vocation, mais à son équilibre financier. Cela passe par réduire les dépenses et les moyens, encore et toujours plus, ajoute Jean-Marie Boissière, qui précise que, le problème aujourd’hui du financement de la santé, ce n’est pas de réduire les dépenses… On ne dit pas qu’il ne faut pas réduire les dépenses de santé, mais pas celles qui sont indispensables ! »
Des déremboursements de plus en plus nombreux
Pour janvier 2026, la liste des soins et médicaments qui ne seront plus ou en partie pas remboursés s’allonge. Fauteuils roulants, perruques ou cures thermales sont entre autres concernés. Les franchises et participations forfaitaires augmentent, ce qui se traduit par un reste à charge plus élevé pour les patients et les complémentaires santé. Jean-Marie Boissière cite un exemple concret : « une boîte de médicaments qui coûte 2,50 € ne sera remboursée que 0,50 €, une différence que devront assumer les complémentaires ».
Par ailleurs, il explique que les mutuelles se voient imposer de nombreuses taxes. La TSA (taxe sur les contrats d’assurance maladie complémentaire) peut représenter jusqu’à un quart de la cotisation sur certains contrats, avec une augmentation prévue de 2,5 %. « L’année dernière, nous avons reversé 400 000 euros à l’État, c’est plus que les salaires versés au Refuge, au lieu d’être consacrés au remboursement des soins », peste le président du Refuge.
Le coût des soins reste pour les administrateurs aveyronnais également « très préoccupant » : dépassements d’honoraires, tarifs des chambres particulières « presque à la tête du client… jusqu’à 200 ou 250 euros dans des établissements proches de Millau selon si on vu sur le parc ou sur le parking ! Que dire de la flambée des prix des lunettes, des soins dentaires ou des prestations d’orthodontie proportionnellement aux remboursement des mutuelles après chaque augmentation… Ces dérives font qu’en bout de chaîne, beaucoup de Français renoncent à se soigner, faute de moyens ou de délais trop long de prise en charge ».
Le Refuge plaide pour un retour à une sécurité sociale à 100 %, garantissant que chacun cotise selon ses moyens et bénéficie de soins selon ses besoins. « Si la sécurité sociale fonctionne selon son principe fondateur, celui des complémentaires santé est inverse : chacun paye son niveau de garantie. Plus on peut payer, mieux on est couvert », précise Jean-Marie Boissière bien conscient qu’il y a peu de chance qu’on revienne à ce système de départ.
Mutuelle solidaire et de proximité, le Refuge estime que « nous devons être très attentifs à la marchandisation de la santé et revenir à plus de prévention et à une gestion raisonnable, au plus près des besoins des gens ». Le président conclut : « Nous voulions exprimer ce cri d’alarme, alerter nos adhérents sur la casse volontaire de ce système de santé. Fidèle à ses valeurs, la santé du Refuge est bonne, mais celle des Français est menacée si on continue sur cette trajectoire ».

