Suspension de la réforme des retraites : la position de Stéphane Mazars, député de l’Aveyron

Ce mercredi 12 novembre, lors du vote sur la suspension de la réforme des retraites adoptée en 2023, Stéphane Mazars, député de l’Aveyron, a choisi l’abstention. « Un choix assumé et cohérent ».

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« J’ai porté la réforme de 2023 et je l’ai défendue parce qu’elle répondait à une urgence démographique et financière. Je continue de la considérer nécessaire, peut-être même davantage encore aujourd’hui : notre système s’essouffle, et les mêmes injustices persistent. »

Pour le député de la 1re circonscription, suspendre la réforme sans évaluation honnête de ses effets sur les carrières longues ou hachées, les métiers pénibles, les petites retraites, les indépendants et les entreprises serait « irresponsable ». Il souligne que le coût de l’instabilité est devenu « plus lourd encore que le coût de la réforme elle-même ».

Stéphane Mazars rappelle également une vérité politique souvent évitée : « En 2023, si la réforme a été adoptée dans des conditions difficiles, ce n’est pas parce qu’elle aurait été illégitime, mais parce que la droite républicaine – LR- qui l’avait pourtant défendue pendant la campagne présidentielle a finalement refusé de la voter au moment décisif. Ce reniement a rendu inévitable le recours au 49.3, affaibli le débat public et nourri l’idée fausse que la réforme aurait été imposée sans soutien. Cette contradiction pèse lourd dans la situation actuelle. »

Pour l’avenir, le député insiste sur la nécessité d’un débat de vérité : « En 2027, chaque candidat devra dire clairement ce qu’il propose pour les retraites. Sans esquive, sans promesses qui s’évaporent au lendemain de l’élection. La stabilité de notre système exige un cap assumé. »

Il réaffirme son soutien au nouveau projet porté par son groupe, fondé sur : un système véritablement universel, avec les mêmes règles pour tous ; un système sans âge légal figé, basé sur la durée de cotisation ; une part de capitalisation permettant de renforcer l’investissement productif ; un cadre stable et lisible, qui ne change plus au gré des rapports de force.

Interrogé sur son abstention, Stéphane Mazars précise : « La suspension était acquise, portée par l’alliance de circonstance entre la gauche et le RN. Renverser le gouvernement pour un simple symbole aurait plongé le pays dans une crise politique majeure, bloqué l’adoption du budget et fragilisé l’État. Encore une fois, le coût de l’instabilité aurait été bien supérieur au coût de cette suspension temporaire. »

Et de conclure : « Je resterai cohérent, constant et fidèle à ce que j’ai toujours défendu. Je ne change pas de cap en fonction du vent. Je choisis la responsabilité et la vérité. »