Un cachalot échoué sur les berges de l’Aveyron, en plein centre de Villefranche-de-Rouergue : l’image a surpris, interrogé et attiré une foule de curieux tout au long de la journée. Rien d’accidentel pourtant. L’impressionnante carcasse n’était autre qu’une œuvre hyperréaliste conçue par le collectif artistique belge Captain Boomer, invitée dans le cadre d’un projet mené par l’association Derrière le Hublot, en partenariat avec la commune.
Plus qu’une performance culturelle, l’installation se veut un électrochoc citoyen. En brouillant volontairement les frontières entre réalité et fiction, Captain Boomer cherche à perturber notre rapport à la nature et à susciter une réflexion sur l’urgence écologique. Le faux cachalot, réalisé en fibre de verre et frappant de réalisme, devient ainsi un outil pour interpeller, provoquer le dialogue et amener chacun à s’interroger sur la fragilité du vivant et l’impact humain sur les écosystèmes.
Fondé en 2007 à Anvers, le collectif n’en est pas à son coup d’essai. L’an dernier déjà, il avait créé l’émoi à Rennes lors du festival Les Tombées de la nuit. Au fil des années, la performance s’est déplacée dans toute l’Europe : Londres, Scheveningen aux Pays-Bas, Valence en Espagne, ainsi que dans plusieurs villes belges, d’Ostende à Anvers.
À Villefranche-de-Rouergue, l’action s’est aussi accompagnée d’une importante médiation auprès des écoles. Toute la journée, des groupes d’élèves sont venus découvrir la mise en scène, encadrés par des animateurs et des enseignants mobilisés pour expliquer les enjeux climatiques et écologiques que l’œuvre met en lumière.

