Mobilisés depuis jeudi 11 décembre au soir, les agriculteurs de la Coordination Rurale maintiennent le blocage de l’A75 à hauteur de Sévérac d’Aveyron. La colère reste intacte après les nouveaux abattages liés à la progression de la DNC, les éleveurs dénoncent un protocole sanitaire « totalement inadapté ».
Arrivés en début de soirée sur l’A75, les agriculteurs de la Coordination Rurale ont installé un barrage au niveau de Séverac d’Aveyron. Et ils n’ont visiblement pas l’intention de lever le camp. Leur colère, déjà forte ces derniers jours, a été ravivée par les décisions d’abattage de troupeaux face à la progression de la DNC, dont le dernier cas en date concerne un élevage en Ariège. Toutes les bêtes y ont été abattues ce vendredi matin, malgré une mobilisation locale très forte.

Sur place, plusieurs agriculteurs rencontrés parlent d’un sentiment d’impuissance : « Même quand tout le monde se mobilise et que les liens entre éleveurs sont incroyables, ça ne change rien », soupire l’un d’eux qui déplore des moyens hors norme en Ariège pour réprimer la mobilisation et abattre toutes les vaches. « Quand on voit certaines images, on se croirait en guerre », explique-t-il.
Interrogé au cœur du blocage, Théo Alary, porte-parole aveyronnais du mouvement, estime que le protocole sanitaire imposé par l’État est aujourd’hui totalement inadapté : « Depuis le premier cas cet été en Savoie, on a vu la maladie progresser dans d’autres départements. Rien n’a marché. La maladie a clairement échappé au contrôle. Et malgré ça, l’État continue d’abattre sans se poser les bonnes questions. Pour les éleveurs, moralement, on arrive à un point de rupture. »
Comme l’ensemble des agriculteurs présents sur le barrage, il préconise une vaccination totale du cheptel français, estimant que c’est aujourd’hui la seule solution réaliste pour éviter la poursuite des abattages massifs et déclare qu’ils ont les moyens de rester sur place tant qu’ils n’auront pas au moins un échange avec l’État ou un de ses représentants qui marquerait le début d’une négociation.
Dans le même temps, la présidente de Région Carole Delga annonce ce vendredi matin, la mise en place d’une aide d’urgence d’urgence de 300 000 € pour soutenir les éleveurs touchés.
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