L’Autoroute A75 est fermée en Aveyron depuis la nuit du jeudi 11 au vendredi 12 décembre entre les sorties 41 Campagnac et 44 Engayresque. Vers deux heures du matin, la préfecture de l’Aveyron a annoncé la fermeture de ce tronçon, conséquence directe d’un blocage initié par plusieurs mouvements agricoles. Une déviation a été mise en place par la D809.
Ce mouvement s’inscrit dans un climat de forte tension chez les éleveurs, autour de la gestion de la DNC (Dermatose Nodulaire Contagieuse) et la situation récente chez un éleveur en Ardèche, a mis le feu aux poudres. Jeudi 11 décembre en toute fin d’après-midi, les premiers barrages ont été mis en place en Lozère avant de gagner rapidement l’Aveyron. Dans la nuit, les agriculteurs ont renforcé leur action, entraînant la paralysie de l’autoroute.
Dans un communiqué, la Coordination rurale de l’Aveyron parle « d’une colère à son paroxysme ». Les responsables dénoncent « le recours systématique à l’abattage total des troupeaux touchés par la maladie, une stratégie intenable et dévastatrice pour les exploitations ». Ils préviennent que désormais, « chaque nouvelle annonce d’abattage total entraînera une réaction immédiate », évoquant une mobilisation appelée à s’intensifier tant que cette politique ne sera pas revue.
Le syndicat estime que la confiance entre l’État et les éleveurs est rompue et réclame une intervention urgente du gouvernement, en particulier de la ministre de l’Agriculture. Les co-présidents Éloi Nespoulous et Mathieu Galliou demandent « la suspension de l’abattage total ainsi que l’ouverture d’une véritable concertation avec les acteurs du terrain ».
Un second communiqué, également diffusé ce jeudi, vise plus spécifiquement les contrôles PAC réalisés par les agents de l’ASP. La Coordination rurale estime que ces interventions physiques multiplient les risques de propagation du virus dans un contexte sanitaire déjà tendu. Le syndicat demande donc la « suspension immédiate et totale des contrôles PAC sur site » pour toute la durée de la période critique.
Au-delà de la Coordination rurale, d’autres organisations syndicales (JA, La Confédération paysanne, la FDSEA) ont aussi pris position contre les décisions et les méthodes de l’État et s’engagent dans la mobilisation. Les Bonnets jaunes appellent à une large union du monde agricole, affirmant que l’heure n’est plus aux étiquettes syndicales, mais à la défense collective d’une cause commune pour faire plier l’État. Des responsables locaux assurent que la mobilisation intersyndicale pourrait s’amplifier dans les prochains jours.
Aucune heure de réouverture de l’autoroute A75 n’a été annoncée. La préfecture invite les automobilistes à éviter le secteur et à se tenir informés de l’évolution de la situation.
