Mobilisé depuis plus d’une semaine, le monde agricole reste déterminé. En réunion ce vendredi à Matignon avec le Premier ministre, la Coordination rurale de l’Aveyron dit avoir rencontré « un Premier ministre à l’écoute », mais sans avancée majeure ni décision de nature à apaiser la colère. Conséquence immédiate, les blocages routiers sont maintenus.
« Les réponses apportées ne sont ni à la hauteur de la situation, ni à la hauteur de la détresse du monde paysan », affirme la Coordination rurale, estimant qu’elles « ne répondent en rien à nos revendications fondamentales ».
Au cœur de la mobilisation, la question de l’abattage des troupeaux. Le syndicat se positionne sans ambiguïté : « Nous sommes contre l’abattage total des troupeaux ». Il refuse également « que se reproduisent les scènes insoutenables vécues en Ariège et dans le Doubs ».
La Coordination rurale évoque des images « gravées dans nos mémoires », parlant de « vaches abattues de manière injuste, mortes pour rien, sacrifiées dans l’indifférence la plus totale de l’État ».
Au-delà des décisions sanitaires, le syndicat dénonce la réponse sécuritaire des autorités. « Pire encore, face à cette souffrance, l’État choisit la répression », accuse-t-il, dénonçant « un État qui gaze ses propres citoyens » et « qui traite ses agriculteurs comme des délinquants, comme s’ils étaient des criminels ».
« Nous ne pouvons pas accepter cela. Nous n’accepterons jamais cela », martèle la Coordination rurale, rappelant que « la fatigue est immense, physique et morale ». Si les agriculteurs disent avoir « entrevu une lueur d’espoir », celle-ci reste « bien trop faible face à l’urgence et à l’injustice ».
« Nous ne lâcherons rien. Le combat continue »
La Coordination rurale lance désormais un appel à la population. « Nous ne lâcherons rien. Le combat continue. Nous appelons l’ensemble de la population à se joindre massivement à nous tout au long de ce week-end ». Elle invite les citoyens à venir « sur les blocages » pour montrer que « ce combat n’est pas celui de quelques-uns, mais celui de tout un peuple qui refuse l’injustice, le mépris et la violence institutionnelle ».
« Votre présence est essentielle. Votre soutien est vital », conclut le syndicat agricole, affirmant une nouvelle fois : « Nous ne voulons pas baisser les bras. Nous ne baisserons pas les bras. »