Interpellé mercredi soir alors qu’il se rendait à Paris, le président de la Coordination rurale de l’Aveyron, Éloi Nespoulous, a passé la nuit et la matinée en garde à vue. Sa situation a provoqué une réaction immédiate de ses soutiens, avec des barrages dès l’aube à Rodez. Libéré à la mi-journée, sans poursuites annoncées, il a entraîné la levée des blocages.
La journée du jeudi 8 janvier s’est ouverte dans un climat de tension rarement atteint depuis le début de la mobilisation agricole, avec en toile de fond la garde à vue du président de la Coordination rurale départementale, Éloi Nespoulous. Interpellé la veille au soir alors qu’il se rendait à Paris dans le cadre de la mobilisation agricole, le responsable syndical a passé la nuit et la matinée entre les mains des forces de l’ordre, déclenchant un bras de fer immédiat.
Peu après 21h, mercredi soir, Éloi Nespoulous est interpellé sur un axe routier en Seine-et-Marne, à plusieurs dizaines de kilomètres de la capitale. À ce moment-là, les autorités cherchent à empêcher l’arrivée de convois agricoles vers l’Île-de-France. Placé en garde à vue, le président de la Coordination rurale de l’Aveyron se retrouve soudain au cœur d’une crise qui dépasse largement sa personne.
Rodez bloquée au lever du jour
Dès l’aube, la nouvelle se propage dans le département. Aux alentours de 5h du matin, des agriculteurs de la Coordination rurale prennent position sur la rocade de Rodez. Tracteurs, pneus et ballots de paille barrent les accès stratégiques de l’agglomération. En quelques minutes, la circulation est quasiment paralysée.
Sur le terrain, les militants assument une action coup de poing. L’interpellation de leur président est vécue comme une provocation et comme un signal de durcissement à la veille d’une mobilisation nationale. La colère est d’autant plus vive que le contexte agricole reste tendu, entre crises sanitaires, contraintes administratives et sentiment d’abandon exprimé de longue date par la profession.
Toute la matinée, les barrages tiennent. Les automobilistes sont déviés, la rocade tourne au ralenti, et la pression reste constante. Les responsables syndicaux l’affirment alors sans détour : les blocages ne seront levés qu’une fois la garde à vue terminée.
Sortie de garde à vue et levée des barrages
Le dénouement intervient peu avant la mi-journée. Vers midi, Éloi Nespoulous est remis en liberté. Sa garde à vue est levée, sans poursuites annoncées à ce stade. L’information se diffuse rapidement jusqu’aux points de blocage autour de Rodez.
Dans la foulée, les consignes changent. Les agriculteurs commencent à dégager les axes, retirent pneus et paille, et replient progressivement leurs engins. Avant 13h, la circulation est rétablie sur la rocade ruthénoise, mettant fin à une matinée sous haute tension.
Pour la Coordination rurale, cette journée restera comme un marqueur fort. Si la libération de son président apaise momentanément la situation, elle n’éteint en rien les revendications agricoles. Au contraire, elle renforce la détermination d’un syndicat qui entend poursuivre la mobilisation, convaincu que la réponse à la crise du monde agricole ne peut être seulement sécuritaire, mais avant tout politique.
