Entouré de quelques « acteurs », Didier accueillait les invités avant d’annoncer, non sans émotion : « C’est avec un grand regret que l’association du théâtre de rue cessera d’animer le village l’été prochain. Faute de leaders, constatée lors de la dernière réunion, la troupe ne remontera pas sur scène. Nous avons donc décidé de partager le solde des fonds récoltés au chapeau entre quatre associations : la Bibliothèque, Crok’ ta bulle, l’Association des parents d’élèves et Mill’au 5 Sens. »
Cette dernière, installée route du Viala, propose notamment une roulotte itinérante aménagée en espace Snoezelen : une approche non médicamenteuse multi-sensorielle destinée aux aidants naturels et professionnels, ainsi qu’aux personnes en souffrance physique et/ou mentale, en situation de handicap ou présentant des troubles neurologiques. Des séances individuelles, en institution ou à domicile, permettent de stimuler les cinq sens afin d’apporter détente et bien-être.
Didier procédait ensuite à la remise individuelle de la cagnotte à chaque représentant associatif. Tous ont chaleureusement remercié les donateurs pour ce geste : « Une seconde tournée du Père Noël en cette fin janvier ! »
Le verre de l’amitié est venu conclure ce moment de partage, tandis que chacun livrait son ressenti. Rappelons que depuis deux ans, autour de Didier, une vingtaine de comédiens âgés de 8 à 82 ans montaient sur les planches pour proposer scénettes, chansons et morceaux de musique, très appréciés du public.
À noter que cette association de théâtre ne bénéficiait d’aucune subvention. Elle pouvait toutefois compter sur le soutien logistique de la municipalité, notamment pour la réalisation des affiches, le prêt de matériel et, si besoin, de locaux. L’été dernier, lors des quatre soirées organisées, plus de 1 200 personnes ont déambulé dans les rues du village, à l’écoute de ces passionnés — troubadours des temps modernes — qui ont su offrir de précieux moments de gaieté, de rires et de convivialité, avec en prime un zeste de fraternité.
Ainsi, le temps d’un été, Saint-Rome-de-Tarn a renoué avec une tradition populaire, dans le sillage du félibre Édouard Galy.