Dans un Paul-Lignon à guichets fermés (6 761 spectateurs annoncés) et porté par une ambiance de derby comme on les aime, le Rodez Aveyron Football a prolongé sa série et ses ambitions. Face à un Montpellier venu en Aveyron avec l’étiquette d’aspirant à la montée, les Ruthénois ont tenu, puis frappé au bon moment (1-0), grâce à un coaching encore décisif de Didier Santini. Dix matches sans défaite désormais, trois victoires de rang, et une 8e place qui commence à ressembler à autre chose qu’un simple confort.
Tout était réuni pour une grande soirée : animations autour du stade, tribunes pleines, parcage visiteur garni par près de 300 supporters héraultais, et cette petite tension électrique qui transforme un match de championnat en rendez-vous. Rodez, sur une dynamique solide (neuf rencontres sans perdre avant ce coup d’envoi), avait l’occasion d’envoyer un message : celui d’une équipe qui ne se contente plus de bien jouer, mais qui veut aussi compter.
Santini reconduisait logiquement l’équipe en forme du moment, malgré deux grains de sable. D’abord la blessure à l’échauffement d’Ibrahimma Baldé, qui a obligé le staff à revoir ses plans au dernier instant. Ensuite la suspension de Clément Jolibois, compensée par la titularisation de Loni Laurent, appelé à répondre présent dans un match où Montpellier promettait d’appuyer là où ça fait mal.
Une première période accrochée, Rodez fidèle à ses principes
La première mi-temps a longtemps ressemblé à une partie d’échecs. Montpellier a affiché ses intentions, Rodez n’a pas renié les siennes. De l’équilibre, quelques situations de part et d’autre, et surtout cette impression que les Aveyronnais savaient exactement où ils voulaient emmener le match : dans une intensité haute, un bloc solidaire, des sorties propres dès que l’espace s’ouvrait.
Sans se livrer, le RAF a offert une opposition nette à une équipe héraultaise annoncée comme candidate au sommet. Les duels étaient disputés, les transitions surveillées, et les Ruthénois, appliqués, ont résisté sans paniquer. À la pause : 0-0. Logique, mais pas neutre. Rodez avait déjà montré qu’il était bien dans son match.
Au retour, un RAF plus tranchant… et un coup gagnant
En seconde période, les Ruthénois sont revenus avec davantage d’envie dans les courses, plus de personnalité dans la conservation et surtout ce supplément de volonté collective qui transpire des équipes en confiance. Un groupe qui joue ensemble, qui souffre ensemble, et qui ne lâche rien. Le ballon circulait mieux, l’agressivité était plus juste, et Montpellier a commencé à comprendre que la soirée ne serait pas une formalité.
Et puis, encore une fois, Santini a trouvé la bonne touche. L’entrée de Sammy Benchamma (passé par le centre de formation montpelliérain) a eu l’effet d’une étincelle. À la 73e minute, sur son deuxième ballon, l’entrant a fait basculer Paul-Lignon. À la suite d’un mouvement collectif bien mené sur le côté droit, Rodez trouve Benchamma dans l’axe. La frappe part vite, propre, et laisse le portier montpelliérain cloué sur place. 1-0. Explosion dans les tribunes. Le stade rugit, les joueurs se jettent les uns sur les autres : l’image d’un groupe qui a compris comment gagner.
Une fin de match à serrer les dents
Évidemment, Montpellier a réagi. Logiquement. En face, ça pousse, ça densifie, ça attaque à tout-va. Rodez a reculé, parfois trop, et a dû défendre son avantage avec les tripes. Les dernières minutes ont eu ce parfum de siège permanent, avec des vagues héraultaises, une barre transversale qui fait retenir le souffle, et une impression de danger constant.
Mais cette fois, la défense a tenu. Avec, en symbole, un Loni Laurent impressionnant de combativité et de courage, comme si chaque duel était un dernier. Rodez a souffert, oui, mais Rodez a résisté. Et depuis le début de l’année 2026, ce RAF-là semble habité par un supplément d’âme : celui qui transforme les bons matchs en victoires, et les victoires en série.
Un message clair, une question ouverte
Ce succès n’est pas seulement trois points. C’est un signal envoyé aux autres : Rodez ne se contente plus d’exister, il avance. Dix matches sans défaite, trois succès d’affilée, une 8e place qui installe le club dans une zone où les idées deviennent des objectifs.
Jusqu’où peuvent aller les Ruthénois ? Difficile à dire. Mais une chose est sûre : si Rodez continue avec cet état d’esprit, cette solidité et ce sens du moment, le RAF peut regarder plus haut. Et au vu de l’ambiance de Paul-Lignon, ça tombe bien : ses fidèles supporteurs, eux, ont déjà commencé à y croire.