Au plan national, le débat budgétaire a abouti à un budget d’austérité pour les services publics et les collectivités locales, et de complaisance renouvelée pour les grandes fortunes avec le soutien de la droite et du RN.
Au plan local, nous interpellons les candidates et candidats à s’engager et promouvoir dans leur programme les mesures suivantes :
1. La remunicipalisation des services publics (transports, eau, déchets, énergie…), sous contrôle des usagers et les pouvoirs publics, est un impératif démocratique, écologique, de justice et de résistance au tout privé promu par la commission européenne.
2. Le droit à une alimentation saine et abordable : respecter la loi Egalim qui prévoit une introduction de produits bios et locaux dans la restauration collective ; promouvoir une offre de produits locaux, bio, sans pesticides et accessibles à tous ; appuyer la structuration de filières paysannes bio et locales ; accompagner l’installation de nouveaux agriculteurs et agricultrices.
3. Pour un service public des mobilités : s’engager pour l’amélioration et le renforcement des réseaux ferroviaires (dont la ligne Rodez-Sévérac) et de transport urbain collectif ; sécuriser les trajets à pied et à vélo en lien avec le milieu associatif : plans de circulation, réseau cyclable sécurisé, etc.
4. L’accès à un logement décent et abordable avec notamment le respect de la loi SRU obligeant les communes en fonction de leur taille à avoir entre 20 et 25 % de logements sociaux, une politique d’accompagnement de la rénovation des logements et contre l’habitat indigne.
5. Une politique municipale féministe : examen des budgets sous l’angle du genre, gratuité des protections hygiéniques dans les lieux publics, soutien aux associations de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, logements municipaux pour les femmes victimes de violences, féminisation des noms de rues et des lieux, formations obligatoires contre les discriminations dans les services publics, politique de l’espace public pensée pour toutes et tous.
6. Une politique municipale de prévention contre les discriminations et le racisme : interventions dans les écoles, en direction du grand public, formation des élu·es et des agents à l’accueil des personnes pouvant subir des discriminations, soutien aux associations humanitaires.
7. Contre la spéculation et l’artificialisation des sols : engager une politique d’aménagement pour les plus modestes avec notamment des politiques de réhabilitation des quartiers (logements, espaces et services publics) plutôt que de consommation foncière, préserver nos espaces naturels et agricoles en ligne avec l’objectif de Zéro Artificialisation Nette en 2050 fixé par la loi « Climat et Résilience ».
8. Un audit de l’efficacité réelle de la vidéosurveillance en matière de prévention réelle et de résolution d’affaires au regard de ses coûts.
9. Un réel budget participatif avec l’implication active descitoyen.nes dans la définition et la co-contruction des projets municipaux, et un soutien accru aux associations sur lesquelles le contrôle de l’Etat se fait de plus en plus pesant.
Ces neuf points pourraient revitaliser la démocratie locale, favoriser une transition écologique, féministe, antiraciste et solidaire, tout en rendant nos villes et nos vies plus désirables !
C’est pourquoi nous remercions les listes candidates de se positionner par rapport à ces neuf points par courriel à aveyron@attac.org avant le lundi 9 mars. Attac 12 rendra publiques les réponses.
Pour Attac, ces élections doivent aussi être l’occasion d’avoir un véritable débat citoyen sur le devenir des finances publiques locales qui sont soumises à des pressions de plus en plus fortes. Leur réorganisation est aujourd’hui indispensable pour renforcer les services publics locaux et permettre aux collectivités de faire les investissements nécessaires pour la bifurcation écologique et sociale.
Voir notre rapport : https://france.attac.org/nos-publications/notes-et-rapports/article/note-municipales-reparer-les-finances-locales-c-est-vital
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