Disparitions en Aveyron : l’enquête s’accélère et bascule au pôle criminel de Montpellier

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Trois jours après la disparition inquiétante d’une mère et de son fils en Aveyron, l’enquête a franchi un cap judiciaire ce lundi 23 mars 2026. Le parquet de Rodez s’est officiellement dessaisi du dossier au profit du pôle d’instruction de Montpellier, marquant une accélération de la procédure face à la gravité des faits de séquestration reprochés à l’ex-policier Cédric Prizzon.

Une information judiciaire pour enlèvement et séquestration

L’enquête, initialement ouverte en flagrance par le procureur de Rodez, a pris une nouvelle dimension ce lundi 23 mars. Le procureur de la République de Montpellier, Thierry Lescouarc’h, confirme en effet l’ouverture d’une information judiciaire contre X des chefs d’enlèvement et de séquestration de plusieurs personnes. Cette décision juridique, appuyée par l’article 52-1 du code de procédure pénale, confie désormais les rênes de l’affaire à deux magistrats instructeurs montpelliérains. Ce transfert de compétence vers un pôle criminel souligne l’inquiétude des autorités face à la disparition prolongée de cette mère de 40 ans et de son fils de 12 ans, volatilisés depuis vendredi matin à Vailhourles.

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Le profil d’un ex-policier au passé judiciaire chargé

Au centre de toutes les attentions, Cédric Prizzon, un ancien fonctionnaire de police d’une quarantaine d’années, reste introuvable. Les enquêteurs s’intéressent de près à son profil de père « militant », connu pour ses coups d’éclat publics, tels que des grèves de la faim ou des manifestations devant l’hôtel de ville de Villefranche-de-Rouergue pour obtenir la garde de son fils. Mais derrière cette façade publique se cache un passif judiciaire déjà lourd : l’homme a déjà été condamné pour harcèlement sur son ex-conjointe et non-représentation d’enfant. En 2021, il s’était déjà évaporé durant deux mois en Espagne avec son fils, une soustraction pour laquelle sa compagne actuelle avait été condamnée en 2022 pour complicité. Cette dernière est également portée disparue depuis vendredi avec leur enfant de 2 ans.

Une traque technologique et scientifique de grande ampleur

Sur le terrain, la section de recherches de Toulouse, désormais sous l’égide des juges d’instruction, déploie des moyens hors normes pour localiser le suspect et les quatre disparus. Soixante gendarmes passent la zone au peigne fin, épaulés par des drones thermiques, un hélicoptère et des équipes cynophiles. Parallèlement à cette traque physique, une « guerre des données » est engagée : l’Unité nationale Cyber (UNCYBER) mène des investigations numériques poussées, tandis que le laboratoire scientifique de Toulouse réalise des analyses génétiques en urgence sur les indices prélevés à Vailhourles par les techniciens en identification criminelle. À ce stade, le parquet de Montpellier précise qu’aucune interpellation n’a encore eu lieu, maintenant une prudence absolue sur le rôle exact de la compagne actuelle de l’ex-policier dans cet acte prémédité.