L’affaire a basculé dans l’horreur en début d’après-midi ce mercredi 25 mars. Les autorités judiciaires portugaises ont informé leurs homologues françaises de la découverte de deux corps sans vie sur leur territoire, dans le cadre des recherches menées depuis cinq jours pour retrouver les personnes disparues de Vailhourles, en Aveyron.
Une requalification immédiate en meurtres aggravés
Face à cette découverte macabre, le parquet du tribunal judiciaire de Montpellier, dirigé par le procureur de la République Thierry Lescouarc’h, n’a pas tardé à tirer les conséquences judiciaires de ces nouveaux éléments. Dans l’après-midi même, il prenait un réquisitoire supplétif des chefs de meurtres aggravés, saisissant de ces faits les deux magistrats instructeurs montpelliérains déjà co-saisis du dossier depuis le 23 mars. La qualification initiale d’enlèvement et de séquestration, retenue à l’ouverture de l’information judiciaire, cède ainsi la place à une accusation autrement plus grave.
Les gendarmes de Toulouse déployés au Portugal
Sur le plan opérationnel, les juges d’instruction ont délivré dans la foulée une décision d’enquête européenne auprès des autorités judiciaires portugaises, activant les dispositifs d’entraide judiciaire européenne en matière pénale. Dans ce cadre, les enquêteurs de la section de recherches de Toulouse, qui dirigent l’enquête depuis le premier jour, sont désormais déployés sur place, au Portugal, pour travailler en liaison directe avec leurs homologues.
Rappel des faits
Tout avait débuté le vendredi 20 mars au matin, lorsque les gendarmes avaient été alertés de la disparition inquiétante d’une mère de famille de 40 ans et de son fils de 12 ans, domiciliés à Vailhourles, en Aveyron. Rapidement, les investigations avaient désigné Cédric Prizzon, 42 ans, ancien compagnon de la victime, comme principal mis en cause. L’hypothèse d’une fuite préparée vers l’étranger s’était imposée : l’homme était parti avec son fils de 12 ans, sa nouvelle compagne et leur enfant commun, une fillette d’environ un an et demi.
Mardi soir, les autorités portugaises l’avaient interpellé à Mêda, dans le nord du Portugal. Les deux enfants, retrouvés à ses côtés, étaient sains et saufs. Les deux femmes, elles, ne l’étaient pas.
Une instruction désormais pour double meurtre
L’information judiciaire ouverte à Montpellier le 23 mars prend donc une tout autre dimension. Ce qui s’annonçait comme une affaire d’enlèvement et de séquestration se révèle être, selon les éléments réunis à ce stade, un double meurtre. Les circonstances précises des décès — lieux, modes opératoires, chronologie — restent à établir par les investigations en cours sur le sol portugais.