L’épilogue d’une cavale sanglante commence à se dessiner pour les deux jeunes victimes collatérales de l’affaire Prizzon. Selon des sources judiciaires portugaises, confirmant une information initialement rapportée par l’AFP et relayée par RMC/BFMTV, la justice portugaise a acté le retour prochain en France des deux enfants de Cédric Prizzon.
L’ancien gardien de la paix de 42 ans avait été interpellé mardi dernier à Mêda, une petite commune du nord du Portugal, alors qu’il fuyait avec son fils de 12 ans et sa fille de 18 mois. Le suspect est au cœur d’une enquête pour un double féminicide : les corps de sa compagne actuelle et de son ex-conjointe ont été découverts mercredi 25 mars, enterrés dans une zone isolée, grâce aux indications fournies par son propre fils lors de l’interrogatoire.
Un retour accompagné de leurs chiens
Actuellement pris en charge par une structure spécialisée et un organisme de protection de l’enfance local, les deux mineurs ne présentent aucune trace de violence physique. Pour atténuer le traumatisme de ce transfert, une mesure singulière a été validée par les autorités : les enfants seront accompagnés dans leur voyage par les chiens qui se trouvaient avec eux dans le véhicule lors de l’arrestation. Les animaux sont pour l’heure pensionnaires d’un refuge à Mêda.
Si le principe de la remise aux autorités françaises est acquis, la date exacte du rapatriement demeure confidentielle pour des raisons de sécurité et de sérénité du processus.
L’imbroglio judiciaire sur l’extradition
Si le sort des enfants semble scellé, celui de Cédric Prizzon reste plus complexe. Placé en détention provisoire depuis jeudi dernier, l’ex-policier est au centre d’une bataille de compétences. « Le dossier reste entre les mains du parquet de Guarda jusqu’à ce que soit définitivement établie la juridiction compétente », précise une source judiciaire portugaise. La question est de déterminer si le suspect doit être jugé au Portugal, où les corps ont été retrouvés et l’infraction constatée, ou s’il fera l’objet d’un mandat d’arrêt européen en vue d’une extradition vers la France.
Pour l’heure, Lisbonne indique qu’aucune information n’est disponible concernant un éventuel transfert du prévenu vers l’Hexagone. En France, l’homme était déjà connu pour un profil conflictuel, ayant été déchu de son droit de garde et multipliant les invectives sur les réseaux sociaux contre son ex-compagne, l’accusant de mettre leur fils « en danger ».
Une cellule de soutien devrait accueillir les enfants dès leur arrivée sur le sol français pour entamer un long processus de reconstruction.