L’annonce faite le 23 septembre par la préfète coordinatrice du Plan national loup, Fabienne Buccio, marque un tournant : à partir de 2026, les éleveurs pourront abattre un loup en cas d’attaque sur leur troupeau sans autorisation préfectorale préalable. Une simple déclaration suffira désormais.
Pour Cercle 12, association d’éleveurs de l’Aveyron membre du Collectif Pâturage et Biodiversité, cette évolution répond enfin à une demande ancienne. « C’est une avancée importante, qui va dans le sens de ce que nous avons porté auprès du ministère de l’Agriculture en juillet dernier », rappelle Mélanie Brunet, présidente de l’association.
Une simplification attendue
Jusqu’ici, les éleveurs devaient obtenir une autorisation dérogatoire de la préfecture pour procéder à un tir de défense. Cette lourdeur administrative retardait les interventions, laissant les troupeaux vulnérables. Avec le nouveau dispositif, l’État promet « une simplification significative » des procédures, applicable à toutes les filières — ovins, caprins, bovins et équins.
Pour les éleveurs du Cercle 12, cette mesure devrait permettre « une efficacité plus grande », en particulier dans les zones où les troupeaux sont difficiles à protéger.
Une urgence face à l’explosion des attaques
Si l’association se félicite de cette avancée, elle rappelle que la décision intervient dans un contexte dramatique : en 2025, les attaques de loups ont bondi de 26 %, et les victimes (ovins, caprins, bovins et équins) de 35 %. « Nous allons probablement dépasser les 12 000 victimes cette année », alerte Mélanie Brunet.
En dix ans, la population lupine a explosé : +276 % entre 2016 et 2023, selon les chiffres cités par l’association.
Des quotas jugés insuffisants
Cercle 12 met toutefois en garde : sans révision du quota annuel de prélèvements, fixé à 19 % de la population estimée, la simplification restera inefficace. L’association accuse l’OFB (Office français de la biodiversité) de sous-estimer le nombre réel de loups, ce qui limite mécaniquement les possibilités de régulation.
Autre inquiétude : que l’État se « défausse » sur les éleveurs. « Nous espérons que les outils comme la brigade loup et la Louveterie continueront d’être déployés pour épauler les éleveurs », insiste Cercle 12.
Une vigilance maintenue
Pour les éleveurs de l’Aveyron, la responsabilité de la situation actuelle incombe à l’État, accusé d’avoir laissé proliférer les loups au détriment de l’élevage de plein air. « Nous serons satisfaits quand ces mesures montreront une efficacité sur le terrain, c’est-à-dire une baisse significative du nombre de victimes », conclut Mélanie Brunet.
