Saint-Rome-de-Tarn. Un ORNI sur la place de l’église

Depuis ce lundi matin 8 décembre, un bien intrigant stationnement attire les regards sur la place de l’église de Saint-Rome-de-Tarn. À proximité des engins creusant les tranchées et du matériel du chantier de réfection des réseaux, trône un ORNI : un objet roulant non identifié… à deux roues.

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Précédemment entreposé dans un abri de fortune aménagé au fond de la première impasse de la rue de la Tannerie, l’engin gênait la progression du chantier. En bien mauvais état, avec une seule roue encore fonctionnelle, il se compose d’un caisson à ridelles rempli de planches et de « tcharafi » — vieilleries, haillons — et ne porte aucune plaque permettant d’identifier son propriétaire.

Mais la mémoire du village, elle, ne s’efface pas si facilement. Lulu Veyrac, toujours alerte malgré ses bientôt quatre-vingts ans, se souvient aussitôt : « C’était celle de Gaston Capelle, qu’on appelait Capellou. Il était à la fois boucher, agriculteur et fermier. Il vendait le lait de ses deux vaches. »

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Un duo qu’il guidait, au fil des saisons, vers des pâturages de proximité. Le soir venu, il confiait à sa chienne Caroline la mission de les retrouver et de les ramener jusqu’au village. Là, tous ensemble, direction le bassin de la grande fontaine pour étancher leur soif.

Y avait-il d’autres fournisseurs de lait à l’époque ? « Oui, cinq familles : Capelle, Gastal, Montés, Vaissière et Veyrac. Cela représentait un troupeau d’une quinzaine de vaches et, dans le village, une clientèle bien définie. Le soir, après la traite, c’était la ronde des pots de lait dans les rues de Saint-Rome. »

Et la charrette de Gaston ? « Aujourd’hui un peu “couissonnée”, elle était peinte en bleu pour éloigner les mouches. Au bras de timon, il attelait de part et d’autre ses deux vaches, et c’était le départ vers les champs ou les vignes. Au retour, selon la saison, elle se chargeait de foin ou de comportes de raisin. Un quotidien de travail rythmé par le pas des bovins, où bien souvent, sous un grand soleil, le temps semblait même s’arrêter… »

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