Dans la froidure des journées d’hiver — d’autant plus pluvieuses en ce début d’année 2026 — pas de repos saisonnier pour les vignerons de Saint-Rome-de-Tarn, ni pour ceux d’ailleurs. Pour préparer au mieux la prochaine fructification des ceps, le viticulteur doit limiter leur croissance afin d’en réduire la production de raisins et obtenir ainsi une meilleure qualité de vin.
Voici venu le temps de la taille et des « gabels », ces fagots de vigne. Débutée avec les premiers jours de février — « Qui taille en février met du raisin dans son panier » — cette étape essentielle mobilise les derniers vignerons du village, dont Michel Ortuno, actuellement à pied d’œuvre.
Sécateurs et cisailles bien affûtés, ils vont de souche en souche : enlèvent le bois mort, taillent ou suppriment les sarments, puis attachent les rames les plus longues, soigneusement sélectionnées, au fil de fer support de la treille. Le tout en respectant le calendrier lunaire, car pour Michel, tailler en lune vieille évite que les sarments coupés ne « couyssounnent » — autrement dit que les petits vers, les « couyssous », ne rongent le bois en y creusant de nocives galeries qui le réduiraient en poussière.
Mais pour le précautionneux Michel, pas d’inquiétude : une année encore, le travail de la taille sera impeccable. Il donnera de beaux raisins et permettra, en prime, la réalisation d’une estivale et fort appétissante grillade.

