À Espalion, le voleur d’église signait ses larcins d’un signe de croix

Un homme d'une soixantaine d'années a été interpellé lundi par les gendarmes après plusieurs semaines de vols dans une église de la commune d'Espalion. Sa signature : un signe de croix avant de quitter les lieux.

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Photo d'illustration © Wikipedia

Il avait le geste pieux, mais les poches remplies de scrupules bien légers. Depuis plusieurs semaines, le responsable de l’église d’Espalion, commune de l’Aveyron d’environ 4 500 âmes, constatait avec perplexité que le tronc de dons se trouvait régulièrement vidé de son contenu. Pièces et billets disparaissaient avec une ponctualité que n’aurait pas reniée un sacristain, sans que rien ni personne ne semble l’expliquer.

Alertée, la communauté de brigades d’Espalion a mis en place une surveillance. Elle n’a pas tardé à porter ses fruits. Un habitué des lieux attire rapidement l’attention : un homme d’une soixantaine d’années, toujours vêtu à l’identique, dont les visites à l’église semblent davantage motivées par le contenu du tronc que par la ferveur religieuse. Détail savoureux — et accablant — : avant de prendre congé du saint lieu, l’individu ne manquait jamais d’esquisser un signe de croix, comme pour solliciter une absolution anticipée.

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C’est ce lundi 23 février que le dispositif a permis d’interpeller le suspect en flagrant délit. L’homme, originaire du Tarn et domicilié à Rodez, a été placé en garde à vue. Il devra prochainement répondre de ses actes devant le tribunal judiciaire de Rodez.

L’affaire n’a pas manqué de faire sourire les gendarmes de l’Aveyron, qui ont relevé la troublante ressemblance avec Un drôle de paroissien, comédie culte de Jean-Pierre Mocky sortie en 1963, dans laquelle Bourvil incarnait un aristocrate fauché qui puisait dans les troncs d’église avec une dévotion toute personnelle. La fiction, visiblement, peut encore inspirer.

Reste que pour ce paroissien version 2026, le chemin vers l’absolution s’annonce plus sinueux qu’un simple geste vers le ciel : c’est devant un juge, et non devant Dieu, qu’il lui faudra d’abord plaider sa cause.